Fondée en 1873, sous la raison sociale DESJARDIN et Cie, cette grande usine à vapeur nécessita une mise de fonds de 3100,000 francs pour la fabrication du sucre de betteraves. Une râperie était adjacente à l’établissement, mais quatre autres, situées à une assez grande distance, à Gannes, Lieuvillers, Wacquemoulin et Ravenel, transmettaient le jus par des conduits souterrains. L’usine mère de St Just était en communication par télégraphe et téléphone avec ces râperies. Quatre cents ouvriers environ étaient occupés pendant quatre ou cinq mois de fabrication et soixante pendant le reste de l’année.
En 1895, la sucrerie pris le nom : SAY.
Le lavage des betteraves nécessitant une grande quantité d’eau, plusieurs points de forage furent testés, notamment dans l’enclos de la sucrerie. En 1900, un puits fut construit dans la partie basse de la ville, près du pont de la tannerie, il est encore existant, mais protégé.
Il permettait en période de pointe, l’extraction de 5 000 m³ par 24 heures. Une canalisation traversant la rue de Paris permettait de ramener l’eau vers la sucrerie. Des bassins de décantation dites « mares de la sucrerie » étaient installées, en périphérie de celle-ci.
Le pompage intensif faisait d’ailleurs baisser notablement le niveau de l’eau de la nappe, dans les caves des maisons situées au bas de la rue de Paris.
Un hôpital auxiliaire n°15 bis fut installé au cours de la Grande Guerre dans un bâtiment située dans la cour de la sucrerie, ce bâtiment était utilisé comme réfectoire et dortoir aux travailleurs itinérants embauchés pendant la période dite « campagne betteravière ».
La fermeture de cette sucrerie a eu lieu le 28 janvier 1978. La grande cheminée cerclée haute de 50 mères, visible de très loin a été détruite, laissant le site comme une ville en ruine.
Au cours du temps, les lieux ont été déblayés pour faire place à la déchetterie et recyclerie. Il reste encore un grand bâtiment en briques appelé « le magasin à sucre » visible au bas de la rue Aristide Briand ainsi qu’une construction plus moderne dite « les bureaux » dans la cour.
Jacques CARPENTIER
Président de la Société Historique de Saint Just en Chaussée